La catalyse

Extraits du texte de Marika Blondel-Mégrelis dans « La catalyse en France : une aventure » publié par la SFC à l’occasion du 13ème Congrès International sur la catalyse, Paris, Juillet 2004.

Les premières définitions
En forgeant le terme de catalyse, en 1835, Berzélius fait, d’un certain nombre d’observations surprenantes mais disparates, extrêmement diverses et diversement rapportées, un véritable phénomène scientifique. En donnant un nom à des phénomènes décrits, si l’on se limite au 19è siècle, par Kirchhoff, Davy, Döbereiner, Thénard, il en reconnaît l’unité : il réunit en une famille un certain nombre de phénomènes dont on reconnaît désormais le lien : « des combinaisons sont détruites, de nouvelles combinaisons prennent naissance, et tout cela s’effectue sans que le corps qui produit les changements soit altéré » [1]. C’est dire que des corps, provoqueraient la décomposition tout en restant étrangers à cette action qu’il reconnaît comme étant chimique.
Mais, en même temps, il met ces phénomènes à part. Ces corps, simples ou composés, solubles ou insolubles, qui ont une telle influence, agissent sous l’effet d’une force autre que l’affinité chimique. D’où le nom « séparé » : l’analyse est la décomposition des corps par l’affinité chimique, la catalyse sera la décomposition par l’action de cette nouvelle force. « Cette décomposition a lieu par la seule présence d’un corps étranger, en vertu d’une force qui nous est encore inconnue, sans que ce corps soit entré pour la plus petite partie de la nouvelle combinaison » [2].

On peut donc dire que, en 1835-40, si l’explication du phénomène n’est pas ébauchée, sa prise en compte et sa caractérisation ont été faites. La définition que donnera Marcel Prettre, plus d’un siècle plus tard, introduit seulement l’aspect du rendement, donnée, certes, essentielle des opérations catalytiques, qui bouleverseront l’industrie chimique à partir de 1900. « Le catalyseur est une substance qui augmente la vitesse d’une transformation chimique sans en modifier le rendement, et qui se retrouve intact dans les produits finaux de la réaction » [3].